Le Moyen Âge, c’est maintenant

C’est devenu un tic de langage. Dès qu’une horreur est constatée ou crainte dans un débat, le Moyen Âge est convoqué pour illustrer le pire. Dans l’esprit de tous, le Moyen Âge est synonyme d’obscurantisme, de cruauté, de tyrannie, de saleté et bien plus encore. Et quiconque a la prétention de tempérer ces raccourcis bien éloignés de la réalité se voit bien vite jeter à la figure l’inquisition et le droit de cuissage. Peu importe que la pire des inquisitions, l’inquisition espagnole, ait eu lieu à partir de 1520 et donc après la fin du Moyen Âge, au Moyen Âge, c’était le Moyen Âge ! Pourtant, le vrai Moyen Âge est bien loin de toutes ces caricatures. Les travers qui lui sont si souvent associés pour illustrer le pire de notre époque pourraient bien être surtout des défauts de notre période contemporaine. En d’autres termes, le Moyen Âge, ou plutôt l’image projetée par l’usage du Moyen Âge dans nos débats actuels, c’est ce qui nous fait peur ou nous révolte aujourd’hui. En fait, le Moyen Âge, c’est maintenant !

 

Ça existe, le Moyen Âge ?

Tout d’abord, qu’est-ce que le Moyen Âge ? L’homme médiéval ne se définissait évidemment pas comme tel. Le concept de Moyen Âge a été inventé à la Renaissance, pour opposer les temps passés, évidemment obscurs, à la période nouvelle qui se voulait celle des lumières. On le faisait débuter tantôt à la chute de l’empire romain, tantôt au baptême de Clovis, et il prenait fin avec l’invention de l’imprimerie par Gutemberg et la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Tout ce qui s’était déroulé durant ces mille années était donc considéré comme des temps où il n’était rien passé de notable, si ce n’était quelques horreurs commises sous des régimes tyranniques. Si les points de repère historiques n’ont guère changé depuis, le regard des historiens a quant à lui beaucoup évolué. Sur le plan de l’architecture, de l’organisation sociale, de la recherche scientifique, de la culture artistique et littéraire, nos ancêtres ont beaucoup inventé et apporté à la civilisation. Cette courte chronique n’a bien sûr pas la prétention de faire une synthèse de toutes ces avancées mais de tenter de tordre le cou à quelques idées reçues qui ont la peau dure.

 

Cruel, le Moyen Âge ?

La première image qui vient à l’esprit de nos contemporains lorsqu’il est question du Moyen Âge est celle d’une société violente et cruelle, en proie à des guerres permanentes et sanguinaires. On imagine des contrées dévastées, des champs de bataille recouverts de milliers de morts, des sièges meurtriers avec des populations refugiées dans des villes ou des châteaux-forts écrasés sous une pluie de pierres et de feux et entourées d’assaillants eux-mêmes arrosés d’huile bouillante. Les guerres, si elles furent nombreuses et parfois longues, avaient une toute autre allure. Elles étaient longues, monotones et les combats y étaient fort peu nombreux. On ne se battait qu’à la belle saison et les jours de trêve imposés par les autorités religieuses étaient courants. Quant aux grandes batailles où s’affrontaient d’immenses armées de part et d’autres et laissaient des milliers de mort sur le champs de bataille, elles n’ont existé pour la plupart que dans l’imagination fertile des trouvères qui écrivirent les chansons de geste à la gloire des hauts personnages dont elles chantaient la bravoure, la force, le courage et la noblesse. Si le Moyen Âge a connu bien des guerres, aucune n’a engendré les millions de mort des guerres mondiales du XXe siècle.

 

Tyrannique, le Moyen Âge ?

Ah ! Le droit de cuissage… Objet de fantasme ou d’effroi, cette caricature du droit féodal relaté dans les écrits de Voltaire ou de Michelet est désormais reconnue par tous les historiens un tantinet sérieux comme une pure invention du XVIIIe siècle. Pourtant, ce poncif a la vie dure. D’une manière générale, le seigneur du système féodal est bien souvent perçu comme un tyran profitant de pouvoirs quasiment absolus, possédant un droit de vie ou de mort sur des serfs réduits à l’esclavage. Là aussi, la réalité est bien différente. Il y eut bien sûr des abus, mais les seigneurs avaient aussi des devoirs et non des moindres, comme celui de protéger les habitants de son fief. Évidemment, les serfs n’avaient pas une position enviable mais leur sort était très différent de celui des esclaves noirs des Antilles et d’Amérique du nord quelques siècles plus tard. Un serf avait une personnalité juridique et des droits. Il n’appartenait pas au seigneur mais dépendait de la terre sur laquelle il vivait qu’il exploitait bien souvent pour son propre compte. Il pouvait se marier, posséder des biens et ester en justice, mais il devait obéissance au seigneur et certains de ces droits requéraient l’accord du seigneur. Le Moyen Âge a hérité du servage qui était une évolution de l’esclavage de l’antiquité romaine, et avant la fin du Moyen Âge, le servage avait quasiment disparu.

 

Inculte, le Moyen Âge ?

Autre idée reçue fort répandue, le Moyen Âge aurait été une période où le savoir aurait été quasiment nul, sauf chez quelques clercs. Pourtant, il nous reste de ces différentes périodes de superbes créations littéraires. Chansons de geste et autres romans témoignent d’une créativité importante allant bien au-delà des quelques manuscrits qui sont parvenu jusqu’à nous. Certains manuscrits multiples de certaines œuvres démontrent au contraire l’existence de manuscrits plus anciens hélas disparus. Dès 789, Charlemagne demande aux moines et aux évêques d’organiser la transmission du savoir, « non seulement aux enfants de condition servile, mais aussi aux fils d’hommes libres ». Il souhaite permettre l’émergence d’une élite intellectuelle et organise également le collationnement du savoir. Les manuscrits anciens sont récupérés et copiés. Si nous connaissons aujourd’hui les écrits des philosophes grecs et latins, c’est presque exclusivement grâce au travail de copie réalisé à cette époque que l’on appelle souvent la Renaissance carolingienne, au beau milieu du Moyen Âge. Qui n’a pas admiré les enluminures des manuscrits médiévaux ? Et que dire de l’architecture romane puis gothique, des vitraux, des statuaires ?

 

Bien sûr, le Moyen Âge ne doit pas être idéalisé. Durant ces mille années, les femmes et les hommes qui vivaient dans ces sociétés médiévales ont traversé des guerres et des épidémies. Ils ont connu des régimes autoritaires et d’autres plus ouverts. Les religions les ont parfois aidés à vivre heureux et en harmonie, parfois conduit à la haine et à l’affrontement. Ils ont connu la lumière et l’obscurité. Tout comme notre époque contemporaine, le Moyen Âge a été le pire et le meilleur.

Certes, au Moyen Âge, c’était le Moyen Âge, mais lorsque nous voyons aujourd’hui la violence, la haine, le fanatisme religieux, le racisme, la corruption et bien d’autres maux occuper la une de nos journaux, nous pouvons sans erreur affirmer qu’à bien des égards, le Moyen Âge, c’est maintenant !

 

Pour aller plus loin :

Le Moyen Âge, une imposture de Jacques Heers (Perrin, 1992)
Un long Moyen Âge de Jacques le Goff (Tallandier, 2004)
L’idée de Moyen Âge de Giuseppe Sergi (Flammarion, 2000)
L’Europe est-elle née au Moyen Âge ? de Jacques le Goff (Le Seuil, 2003)
Le Moyen Âge de Laure verdon (Le cavalier bleu, coll. Idées reçues, 2003)
Le goût du Moyen Âge de Christian Amalvi (Plon, 1996)

 

La Korrandine de Tevelune

rejoint les Éditions Hélène Jacob

La Korrandine de Tevelune, un roman de Saint-Fromond

Quatrième de couverture

Si l’on prend la peine de feuilleter un dictionnaire Français-Gaulois, on comprendra aisément que Tevelune signifie ‘Eaux calmes’. Il suffira de chercher encore un peu pour apprendre que le Korrandon est un nain de source, cousin lointain du Korrigan. Mais rien de tout cela ne nous aidera vraiment à savoir qui est La Korrandine de Tevelune. Et quel rapport peut-elle avoir avec Aurélie, cette belle Wallonne qui a su faire fondre le cœur de Vincent ?

Depuis le Moyen Âge jusqu’à l’occupation de Sourcarol par les Allemands, en passant par la fabrication des ponnes au XIXe en Charente, les Chinels de Wallonie et bien d’autres choses encore, Vincent part à la recherche de La Korrandine de Tevelune, sur des chemins qui le conduiront du réel à l’imaginaire, d’une Korrandine à une autre.

Où acheter les romans de Saint-Fromond

Découvrir quelques chapitres de

La Korrandine de Tevelune en ligne

La Princesse des glaces

de Camilla Läckberg
Éditions Actes sud – Collection Babel noir

La Princesse des glaces Journée noire pour Erica Falck. Cette suédoise dont la spécialité est d’écrire des biographies se retrouve soudain face à son amie d’enfance, la très belle Alexandra Wilkner. Mais la belle Princesse des glaces est morte, nue dans une baignoire gelée, les poignets tailladés. Tout laisse à penser qu’il s’agit d’un suicide, tout sauf la personnalité d’Alexandra. Erica en est persuadée, Alexandra a été assassinée. Et il ne faut pas longtemps pour que l’inspecteur Patrick Hedström, qui est amoureux d’Erica depuis des années, partage la même conviction.

« - Ce genre de personne peut parfois fonctionner comme une cocotte-minute. Ils accumulent et accumulent, et un beau jour ça finit par exploser. Tu crois que c’est ça qui a pu se passer ? Que la mari trompé a fini un jour par en avoir assez et a tué l’épouse infidèle ? tenta Patrick.
- Je ne sais pas, Patrick. Je ne sais vraiment pas. Mais j’ai l’impression qu’on a bu plus de vin que ce qui est raisonnable, j’aimerais qu’on parle plutôt de n’importe quoi d’autre que de meurtres et de morts subites.
Il fut entièrement d’accord et leva son verre à sa santé. »

La Princesse de glace est la première des aventures d’Erica Falk, laquelle a propulsé Camilla Läckberg parmi les grands écrivains de romans policiers. Si la traduction ne convainc pas toujours, La Princesse des glaces est incontestablement une réussite. Ici, pas de rebondissement spectaculaire ni de nouvelle élément de dernière minute qui éclairerait toute l’histoire. Camilla Läckberg n’use pas des artifices habituels et l’on pourrait presque tout deviner de l’intrigue dès les premiers chapitres. Presque… mais ce serait sans compter le talent de l’auteur qui nous montre tout de telle manière que l’on est étonné de ne pas avoir compris plus tôt lorsque la vérité éclate.

Il n’y a décidément pas que Millenium qui mérite d’être lu dans la littérature scandinave.

 

Joyeux Noël de la part de Barnabé

Pour Noël, Barnabé a décidé de vous offrir une vidéo qui donne du bonheur, une vidéo qui lui ressemble…

La tirelire de Tusson

d’Annie David

Monestarium Au bric-à-brac de Tusson, Charline est arrêtée devant un stand. Là, devant elle, une tirelire en forme de petite fille lui a fait de l’œil.

Est-ce Charline qui a choisi la tirelire ou l’inverse ? Toujours est-il que cette tirelire n’est pas n’importe quelle tirelire et Charline va bientôt découvrir que la petite fille a beaucoup de choses à lui raconter.

La Charente, Marguerite de Valois, François 1er, c’est tout un univers s’ouvre à Charline…

« Il faut des yeux pour voir, mais un cœur pour aimer. La liberté pour imaginer, et des mains pour écrire. »

Si l’on en croît l’auteur, ce joli conte de Noël est particulièrement destiné aux petites filles. Je ne suis pas dans la cible et pourtant, j’ai beaucoup aimé ce petit livre et particulièrement cette idée à laquelle je crois depuis longtemps et selon laquelle les objets ont une âme puisqu’ils ont une histoire. Commander La tirelire de Tusson

 

Monestarium

d’Andréa H. Japp

Monestarium L’abbaye des bernardines de Citeaux aux Clairets est peut-être l’une des plus importantes de France en ce XIVe siècle. En tout cas, elle est d’une puissance remarquable pour le comté de Mortagne, dans le Perche. Il a fallu plus de sept ans pour la bâtir sur les ordres de Geoffroy III, comte du Perche, et de son épouse Mathilde de Brunswick, la propre soeur de l’empereur Othon IV. Généreusement pourvue et exemptée d’impôts, elle a droit de haute, de moyenne et de basse justice sans même devoir requérir l’aval du grand bailli.N’est-il pas étonnant alors que les moniales aient élu comme abbesse une enfant de quinze ans ? Plaisance de Champlois a beau être d’une incontestable maturité et d’une remarquable intelligence, elle a été la première étonnée de son élection et plus encore de la vive recommandation de son parrain, le pape V, qu’elle n’a pourtant jamais vu. Aussi lorsque l’une des religieuses est retrouvée assassinée, bien des sœurs commencent à douter que leur mère de quinze ans soit à la hauteur de la lourde tâche qui lui incombe. D’autant plus qu’il devient jour plus évident que l’abbaye cache un secret qui la dépasse complètement.
Comme à son habitude, Andréa H. Japp nous livre ici un roman historique magistral digne des modèles du genre. Ceux qui comme moi ont dévoré les aventures de La Dame sans terre y reconnaîtront l’abbaye où se déroule une partie de la saga. Quant à ceux qui attendent impatiemment la sortie du quatrième tome des Mystères de Druon de Brévaux, le mire itinérant, ils retrouveront le plaisir d’une très belle langue au service d’un roman policier plein de suspense dans une époque que l’auteur connait parfaitement.Il y a quelque chose du Da Vinci code dans cet excellent polar historique qui dépasse amplement le best-seller de Dan Brown. De la lecture plaisir à savourer sans modération.